Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick
Historique

Historique

Depuis 30 ans 

Les trente années de l’existence de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick offrent un éventail de perspectives qui révèlent l’évolution d’une reconnaissance progressive de l’artiste et de son métier ainsi que l’appréciation toujours grandissante de son travail par notre société.

L’étincelle allumée par le Forum 87 allait embraser la passion des artistes acadien.ne.s de toutes les disciplines artistiques en les encourageant à faire front commun. Comment faire respecter la profession d’artiste? Comment exiger des meilleures conditions de travail et une rémunération respectable? Le premier constat à déterminer était de suivre une piste constructive: Il fallait s’assembler et s’organiser.

En 1989, un Comité provisoire d’action a été formé. Ce comité a proposé les grandes visées d’une nouvelle organisation dont le but principal serait de travailler à obtenir des améliorations réelles à la situation socio-économique des artistes francophones professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick. Ces objectifs généraux, caractérisés par l’action de revendication, rejoignaient de toute évidence l’esprit du projet de loi fédéral sur le statut de l’artiste et les lois québécoises sur le statut de l’artiste.

La forme que prendrait cette nouvelle organisation a fait l’objet de maints débats, car deux principaux courants de pensée s'affrontaient. Un souhaitait un organisme de représentation et de services, tandis que l’autre requérait un syndicat. Les résultats d'un vaste sondage effectué auprès des artistes et les rencontres de consultation tenues à travers la province ont confirmé le besoin de fonder une association professionnelle.

Faisant suite aux ateliers d’orientation, le mandat préconisé était d’ordre politique; la revendication des droits des artistes et l’amélioration de leur situation socioéconomique. Selon l’avis général, les questions liées à la création, à la diffusion et à la mise en marché n’étaient pas du ressort de la nouvelle organisation, et par conséquent, ces activités devraient porter essentiellement sur la représentation, l’information et la concertation.

Le 21 avril 1990, les artistes réunis en assemblée à Newcastle (aujourd’hui Miramichi) procédaient à l’adoption des statuts et règlements de cette nouvelle association dont la structure serait axée sur la représentativité disciplinaire et la langue d’affaires serait le français. Le nom désigné de l’organisme serait « Association acadienne des artistes professionnel.le.s du N.-B. ».

Dès le tout début, le qualificatif « professionnel » a été jugé très important pour promouvoir le métier d’artiste. Il fallait surtout faire la distinction entre professionnel et amateur; précision qui refléterait une organisation qui regroupe des professionnels dont la contribution à la société est aussi indispensable que celle des professionnels en soins de santé, en architecture, en agronomie ou tout autre métier spécialisé.

Pendant sa première décennie, l’Association a progressivement pris forme en concrétisant son discours et en précisant son mandat et ses grands objectifs. Principalement, l’AAAPNB prenait solidement place dans les discussions autour des artistes, des arts, de la culture et des politiques publiques au Nouveau-Brunswick.

Le Forum 95 a été un autre moment marquant dans l’histoire de l’AAAPNB, car elle a été reconnue comme étant une association qui assumait pleinement ses moyens. Durant cette même période, l’AAAPNB a réclamé au gouvernement la mise sur pied d’un conseil des arts provincial autonome et aussi, un Comité de travail pour l’implantation d’une politique culturelle.

 

Le statut de l'artiste

La route vers la reconnaissance du métier d’artiste au Nouveau-Brunswick est longue et sinueuse. C’est ce que les artistes du Nouveau-Brunswick ont pu constater depuis les trente dernières années en faisant avancer la revendication première de leur association professionnelle.

En 2013, avec l’aide d’ArtsLink NB et de l’Assemblée des chefs des Premières Nations du Nouveau-Brunswick, l’AAAPNB organisait le Forum sur le statut professionnel des artistes du Nouveau-Brunswick. Ce Forum a accueilli 164 participant.e.s, au plus grand rassemblement d’artistes organisé dans la province depuis 1987. De plus, le Forum rassemblait les communautés autochtone, anglophone et acadienne pendant toute une fin de semaine à Shippagan. Les artistes et les partenaires ont discuté des enjeux de la profession d’artiste et proposé des pistes de solutions pour améliorer de façon concrète les conditions de travail, la rémunération et la sécurité sociale des artistes dans la province.

L’année suivante, lors du discours du Trône, le Premier ministre David Alward donnait le coup d’envoi du Groupe de travail du Premier ministre sur le statut de l’artiste. Puis, après deux élections et maints changements de gouvernements, le Groupe de travail a poursuivi son activité et est à la veille de compléter un rapport qui contient une série de recommandations au gouvernement pour reconnaître la profession d’artiste et améliorer son sort socioéconomique. Chemin faisant, le Groupe a rapidement ciblé le gouvernement fédéral comme détenteur du pouvoir d’adopter des mesures fiscales qui pourraient bénéficier aux artistes, comme des modifications à l’Assurance-emploi ou l’adoption de crédits d’impôts pour les bourses de création et les revenus tirés de droits d’auteur.

 

Revendications et politiques publiques 

L’AAAPNB est perpétuellement motivée par son mandat initial : le positionnement et la représentation politique. Le gouvernement provincial s’est toujours montré un interlocuteur clef pour l’AAAPNB et au fil des années et des décennies, cet axe d’activité a fait en sorte que l’Association a pourtant dû patienter et redoubler son ardeur. Elle s’est vue multiplier les rencontres à Fredericton pour mettre de l’avant les demandes et les doléances des artistes.

Au gré des ans, les premiers ministres et les ministres responsables de la culture se sont succédé et le travail de représentation a dû recommencer à maintes reprises. Malgré tout, l’AAAPNB est heureuse d’avoir contribué à la mise sur pied de Film NB en 1995 et en 1999, elle a aidé à fonder le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick. Par après, elle a collaboré à l’adoption d’une première politique culturelle en 2002 et à de sa mise à jour en 2014. L’Association a également été très engagée dans la Politique du livre et en 2008, elle a œuvré à la mise sur pied d’un Groupe de travail du Premier ministre sur le statut de l’artiste, et à l’accroissement de 300% du financement provincial pour les arts et la culture.

Pareillement, en 2009 l’AAAPNB a appuyé les artistes anglophones dans la mise sur pied de leur organisation provinciale ArtsLink NB, un organisme anglophone qui a été un partenaire incontournable ces dernières années. En effet, ce fut le début d’une collaboration étroite dans les projets comme la résidence de création interculturelle et la tenue régulière de la Journée des arts à l’Assemblée législative, dont la première édition s’est déroulée en 2011. De plus, en 2016, ArtsLink NB a fait front commun avec l’AAAPNB pour assurer l’autonomie d’artsnb, alors que le gouvernement l’avait menacée d’une fusion avec le ministère du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture.

 

Activités de développement 

Dès la fondation de l’AAAPNB, les artistes voulaient l’accès au perfectionnement professionnel. Pour répondre à ce besoin, l’Association a élaboré un programme de formation continue en 2010 qui a permis de connecter les artistes de partout dans la province aux ateliers de gestion de carrière, aux ateliers disciplinaires, au mentorat, aux rencontres de développement artistique et aux conférences. D’ailleurs, le programme a pris une telle ampleur qu’une responsable des services aux artistes s’occupe dorénavant son rendement.

Après avoir constaté, année après année, que leurs noms n’étaient pas sur la liste des récipiendaires des prix canadiens d’excellence, les artistes acadiens et acadiennes ont demandé à leur association de mettre sur pied un gala de la Grande Acadie où des prix d’excellence seraient remis aux artistes qui se démarquent par leur travail. C’est ainsi que le gala des Éloizes a vu le jour en 1998, un gala annuel qui a rapidement pris de l’ampleur. Toutefois, la petite équipe de l’AAAPNB a vite été submergée par l’énormité de la tâche. En 2008, les membres ont décidé de faire des Éloizes un évènement biennal qui s’étalerait sur plusieurs jours et aurait lieu partout en Acadie. Depuis, les villes de Moncton, Caraquet, Tracadie, Edmundston, Bathurst, Fredericton, Dieppe, Charlottetown, Halifax et Petit-Rocher ont accueilli l’évènement. Une des retombées principales des Éloizes c’est d’avoir réussi à mieux intégrer les artistes au quotidien des citoyens et citoyennes.

 

L’Écosystème 

En 2004, les artistes ont été parmi les 600 participant.e.s à la Convention de la société acadienne du Nouveau-Brunswick. La convention a adopté des recommandations et en particulier la suivante : organiser des états généraux des arts et de la culture dans la société acadienne du Nouveau-Brunswick. En confiant l’organisation de ces États généraux à l’AAAPNB, le comité de suivi de la Convention 2004 acceptait par le fait même, la condition sine qua non de l’AAAPNB que ces états généraux soient ouverts aux gens de tous les secteurs d’activité de la société acadienne.

L’Association était convaincue que cet arrimage des arts et de la culture dans toutes les sphères de la société pourrait engendrer un virage important en changeant le paradigme pour favoriser le rapprochement entre les artistes et la population acadienne. En effet, tous les habitants du territoire acadien ont besoin de l’apport de toute expression artistique et culturelle pour s’affirmer en tant que société distincte, créatrice et capable d’innover.

Ainsi, les enjeux qui ont émergé étaient de taille : diriger les États généraux, mener de main de maître – et de maîtresse les chantiers thématiques, livrer un plan d’action qui accueillerait, oui les artistes, mais aussi les organisations artistiques, les industries culturelles, le milieu de l’éducation, les municipalités, le secteur des affaires et le secteur de l’éducation postsecondaire. Il fallait alors que l’Association, dont le mandat premier était surtout de voir à l’amélioration des enjeux socioéconomiques touchant les artistes; elle devait aussi travailler à améliorer l’écosystème tout entier.

Tout en réitérant l’importance que l’Association demeure d’abord et avant tout au service des artistes, à cette époque, les membres ont accepté que leur organisme soit investi d’une responsabilité accrue à l’égard de l’écosystème artistique dans son ensemble ainsi que la responsabilité d’un projet sociétal pour le bon développement de l’Acadie.

Dès 2009, la mise en œuvre la Stratégie globale pour l’intégration des arts et de la culture dans la société acadienne au Nouveau-Brunswick a porté fruit : de nombreux secteurs qui n’étaient pas à l’affut des artistes et des arts se sont mis à ouvrir leurs portes et à collaborer sur des projets concrets. Par exemple, quand les artistes travaillent plus régulièrement dans les écoles, les municipalités entreprennent des projets d’aménagement culturel du territoire, le gouvernement provincial adopte une politique d’art public, etc.

À la lumière du travail, de l’évolution et des progrès réalisés depuis le lancement de la Stratégie globale en 2009, et en plus des luttes encore à mener dans les années à venir, les porteurs et partenaires ont voulu mettre à jour un plan de navigation. En effet, les transformations technologiques ont à leur tour transformé la production, la diffusion et la distribution des arts. Le développement des politiques publiques provinciales a changé le paysage politique. De nouvelles organisations et nouveaux événements ont rendu plus dynamique et plus diversifiée la scène des arts, de la culture et du patrimoine. Un bon nombre de municipalités se sont dotées d’une politique culturelle et davantage d’artistes sont actifs au sein de nos écoles et dorénavant, dans nos garderies. En un mot, si l’écosystème culturel s’est consolidé, il existe désormais de nouvelles réalités dont il faut tenir compte.

Pour cette raison, dès 2015-2016, quelques centaines de personnes, porteurs et partenaires, se sont prêtées à l’exercice de recherche, de consultation et de concertation afin de dresser ensemble un état des lieux, de déterminer les nouveaux enjeux affectant le développement des arts et de la culture et de dégager de nouvelles pistes d’action pour assurer la suite de la mise en œuvre de la Stratégie globale.

C’est ainsi que durant deux jours intensifs en décembre 2017, plus de 125 artistes, travailleur.se.s culturel.le.s et représentant.e.s d’organisations de tous les secteurs de la société civile et du gouvernement se sont réuni.e.s pour connaître le travail accompli par chacun des groupes, discuter des transformations à apporter aux stratégies et avaliser la nouvelle feuille de route de la Stratégie globale. Les participant.e.s ont réitéré leur confiance en l’AAAPNB en reconnaissant son rôle de porteur de la Stratégie globale renouvelée Trajectoire 18>23.

 

La diffusion des œuvres 

Munie de la volonté diligente d’améliorer l’écosystème, l’AAAPNB s’est longuement attardé à la mise sur pied de structures et infrastructures pour permettre un meilleur fonctionnement du milieu ainsi qu’une circulation accrue des œuvres artistiques sur le territoire.

En trente ans, l’AAAPNB a contribué énormément à aménager le territoire des arts et de la culture pour affermir les revendications du milieu, par exemple, en participant à la fondation des regroupements tels que l’Alliance nationale de l’industrie musicale, l’Association des groupes en arts visuels francophones, le Front des réalisateurs indépendants du Canada et RADARTS. L’AAAPNB a fait de même pour accroître la diffusion du travail des artistes, en participant à l’établissement de la Stratégie de promotion des artistes sur la scène internationale (SPAASI), la Francofête en Acadie, Film NB et Culture Plus. Dans toutes ces orientations, l’Association s’est assurée que l’artiste soit au cœur de chacune de ces organisations.

L’enjeu d’améliorer l’écosystème a aussi encouragé l’AAAPNB à développer elle-même quelques projets d’envergure.

Le Sommet de la Francophonie à Moncton en 1999 a marqué l’histoire collective de l’Acadie. Tout d’abord, le Sommet était une occasion indéniable pour l’Acadie de rayonner sur la scène internationale et que l’Acadie toute entière puisse explorer la diversité évidente des pays de la Francophonie. Inspirée par cet événement d’envergure mondiale, l’AAAPNB a imaginé un symposium international qui diffuserait à Moncton et Dieppe, le travail d’une panoplie d’artistes provenant non seulement d’ici et d’ailleurs au Canada, mais aussi d’Afrique et d’Europe. Par la suite, en 1999 le symposium qui s’est tenu principalement sur les rives de la rivière Petitcodiac, a lui aussi fortement stimulé l’imaginaire des citoyennes et citoyens de la région. Par surcroît, au cours des années suivantes, un regain d’intérêt surgirait pour la rivière Petitcodiac et le terrain qui l’entoure : des sentiers y seraient aménagés pour remettre en valeur la rivière et aussi les projets d’art public qui s’y trouvaient. L’AAAPNB a maintenu son engagement dans l’organisation de plusieurs éditions du Symposium d’art nature qui a succédé au Symposium de 1999.

Les collaborations avec les municipalités n’ont donc pas tardé puisque les arts et la culture sont une responsabilité partagée par les trois paliers de gouvernement. Grâce aux États généraux, suivi du lancement de la Stratégie globale, l’AAAPNB a rapidement tissé des liens avec les municipalités acadiennes du Nouveau-Brunswick. En effet, parmi d’autres initiatives, le projet Un élu, un artiste a inspiré une rencontre inusitée entre un.e artiste et le maire d’une municipalité. De là est né un projet d’accompagnement des municipalités dans l’aménagement culturel de leur territoire. Suivant cette collaboration initiale, plusieurs municipalités se sont dotées d’une politique culturelle. De plus, en 2015, avec la ville de Dieppe, l’AAAPNB a accueilli le premier Colloque annuel du réseau Les arts et la ville en dehors du Québec. Ce réseau regroupe les communautés du Québec et celles des francophonies acadienne et canadienne dans le but commun d’utiliser pleinement le potentiel de la culture pour développer de façon durable leurs milieux de vie et en renforcer le tissu social.

Avec le secteur de l’éducation, l’AAAPNB a rapidement développé un vocabulaire commun pour mieux intégrer les artistes et leurs œuvres dans les écoles acadiennes. Une table permanente de concertation, coprésidée par l’AAAPNB et le ministère de l’Éducation a été mise sur pied et des programmes ont été élaborés. En s’inspirant de la Politique d’aménagement linguistique en Ontario français, la société acadienne s’est rassemblée autour d’un projet similaire. Cette fois, cependant, le projet inclurait les arts et la culture pour assurer le dynamisme et la survie de la langue française chez les jeunes. La Politique d’aménagement linguistique et culturel du Nouveau-Brunswick a été lancée en 2014.

D’autres projets de l’AAAPNB: l’Agence de mise en marché des arts visuels et CultuRoutes ont tous deux proposé des solutions aux défis des artistes. Dans le premier cas, l’Association a essayé de stimuler le marché de l’art visuel au Nouveau-Brunswick et dans le deuxième, l’AAAPNB a élargi le secteur du tourisme culturel en en rendant plus accessibles au public les artistes et leurs ateliers.

 

Conclusion 

Ces trois dernières décennies ont passé en réel coup de vent; trente années fructueuses qui sont le gage de l’endurance et de la persévérance des artistes du Nouveau-Brunswick. Avec les artistes, l’Association a vécu les changements de gouvernements, des époques de délaissement, mais aussi des années d’optimisme. En effet, la persistance des artistes est une inspiration pour l’AAAPNB et une source d’espoir que les semences continueront de germer et de produire des récoltes abondantes.

Le milieu artistique a rapidement propulsé l’AAAPNB dans un rôle de porte-parole provincial des artistes et du secteur artistique dans son ensemble. Au gré des ans, elle a contribué à bon nombre de réalisations majeures pour le milieu artistique acadien, notamment l’adoption de la Politique culturelle du Nouveau-Brunswick (puis son renouvellement), l’adoption de la Politique du livre et la démarche des États généraux des arts et de la culture avec la société acadienne.

D’autres réalisations d’importance méritent également d’être soulignées, notamment la progression du financement des arts et de la culture au cours des 10 dernières années au Nouveau-Brunswick, la place accrue des artistes en milieu scolaire et l’intérêt croissant des municipalités de prendre en main leur destinée en arts et culture.

Enfin, l’AAAPNB a positionné les artistes et le secteur artistique de l’Acadie avec des forums stratégiques, dans les médias, auprès des sphères politiques et surtout, auprès des citoyennes et citoyens de la province et d’ailleurs.


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