Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick
Les Finalistes Éloizes 2012

 

Artiste de l’année en arts médiatiques

Photo: Gilles Landry

Le cinéaste Rodolphe Caron a une feuille de route impressionnante. Dans son plus récent documentaire, Pour la cause, il trace un portrait audacieux et touchant de la congrégation Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, une communauté religieuse qui a travaillé sans relâche à la sauvegarde de la langue française et de la culture acadienne. Avec la grande sensibilité qu’on lui connaît, Rodophe Caron y présente une communauté religieuse qui, tout en évoluant et en s’adaptant au monde moderne, milite toujours avec la même conviction pour les droits des plus démunis de la société et pour une plus grande place des femmes dans l’Église catholique.

Dans son documentaire Roméo Savoie – la peinture au corps, la réalisatrice Monique LeBlanc a décidé de partir à la rencontre du peintre contemporain le plus important de la jeune histoire des arts visuels en Acadie. Voulant s’éloigner de la biographie typiquement chronologique, la cinéaste a plutôt cherché à créer une expérience qui s’inspire du monde visuel, tant des tableaux de Savoie que des éléments de la nature qui font écho à la démarche abstraite et expressionniste du peintre. L’artiste et son œuvre y sont mis en valeur de façon à permettre au spectateur de devenir le témoin intime du processus de création. Le film nous fait découvrir le passé de l’homme, son regard sur le monde, la nature qui l’entoure ainsi que ses préoccupations actuelles.

Photo: Emmanuel Albert

Depuis quatre générations, les petits villages de Kedgwick, au Nouveau-Brunswick, et d’Hasroun, au Liban, possèdent des liens de parenté insoupçonnés. Dans son documentaire Kedgwick et Hasroun, Paul Arseneau relate l’histoire émouvante d’immigrants libanais en Acadie. Il nous convie à un voyage dans les paysages grandioses du Restigouche-Ouest et du nord du Liban. Le cinéaste nous emmène à la rencontre de Canadiens d’origine libanaise qui partagent une facette captivante de leur vie. Au fil des témoignages, c’est une quête d’identité qui se dessine, un envoûtement et un désir d’aller vers l’autre culture.

Artiste de l’année en arts visuels

Photo: Marc-Xavier LeBlanc

Artiste multidisciplinaire à l’imagination fertile et débridée, Anne-Marie Sirois a toujours entretenu une fascination pour les fers à repasser. Avec ingéniosité et poésie, elle transforme cet objet du quotidien en œuvre d’art. Le fer prend alors des allures jusque-là insoupçonnées. Depuis 1995, elle a donné une seconde vie à plus d’une centaine de fers à repasser. Son exposition Sculptures de fer, qui regroupe une quarantaine de pièces, a été présentée dans sept galeries du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario et du Québec. Parallèlement à cette exposition, Anne-Marie a publié Pourquoi 100 fers/Ironic Irons, un livre d’art qui témoigne de cette aventure créative de l’artiste.

Photo: Daniel Chiasson

Georges Goguen fait figure de proue dans le domaine de l’art moderne en Acadie. Depuis les années 1960, l’artiste n’a cessé de produire, d’explorer et d’approfondir sa recherche sur l’art. L’exposition 5 décennies de recherche, présentée au Centre des arts et de la culture de Dieppe, se voulait une célébration de ses 50 ans de création, de ses 50 ans de passion pour l’art. Cette imposante rétrospective de l’ensemble de sa production picturale regroupait 10 œuvres par décennie. Accompagnée d’énoncés évocateurs, l’exposition a permis au spectateur de mieux saisir comment l’utilisation des matériaux, des formes, des couleurs et de l’espace a évolué chez cet artiste et, surtout, de quelle façon son inspiration s’est transformée de 1950 à aujourd’hui.

Photo: Daniel Aucoin

L’été dernier, le Jardin botanique du Nouveau-Brunswick, situé à Saint-Jacques, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, a inauguré Khronos, une installation permanente de l’artiste Éveline Gallant Fournier. Il s’agit d’une œuvre interactive où la terre, le cosmos et l’humain sont réunis dans une démarche de création et d’exploration du temps. À la fois laboratoire, observatoire, lieu de rencontre ou de contemplation, Khronos est une attraction tout à fait céleste appelée à devenir le théâtre d’une foule d’activités artistiques, scientifiques ou communautaires. L’artiste a voulu créer une œuvre qui fonctionne comme un portail, où chaque être humain peut tourner son regard vers l’univers infini des étoiles ou vers son propre cosmos intérieur.

Artiste de l’année en danse

Photo: Heather Eve Sproat

Julie Goguen Carpenter évolue dans l’univers de la danse depuis près de 25 ans. Danseuse professionnelle, elle a participé à de nombreuses productions et tournées en Acadie et dans plusieurs provinces canadiennes. En avril 2010, elle était de la distribution du spectacle 5 à 7 particip-actif, présenté en grande première à Moncton par la compagnie DansEncorps et en tournée au Nouveau-Brunswick et au Québec. Julie y a interprété avec une rigueur et une générosité exceptionnelles les pièces Va-et-vient, une chorégraphie de Pierre-Paul Savoie, et The Journey, une œuvre de la chorégraphe Liisa Saario. Conçu pour favoriser l’échange entre les danseurs et le public, ce spectacle a permis à Julie de partager non seulement son grand talent de danseuse, mais aussi ses réflexions sur cet art.

Photo: Francine Dion

Pour Sylvie Mazerolle, la danse est un besoin viscéral. Elle affirme que la danse habite son corps et que son corps habite la danse. La danseuse et chorégraphe ne cesse d’approfondir son art en cherchant à ancrer la conscience du corps dans son environnement naturel, social et spirituel. À l’automne 2010, elle a présenté à la galerie Rouge-gorge de Memramcook Au fil du temps, une performance solo qu’elle a créée et interprétée. Dans cette chorégraphie qui rappelle un rite de passage, Sylvie a voulu transposer en mouvement un hommage aux femmes oubliées de l’histoire de l’Acadie des territoires mi’kmaq et malécite.

Photo: sarahbrideau.com©2009

La danseuse contemporaine et chorégraphe Julie Duguay possède une feuille de route bien étoffée. Véritable touche-à-tout, son parcours professionnel et créatif a été largement influencé par ses diverses expériences dans les milieux de la danse, du théâtre et du cirque. À l’été 2010, poursuivant son exploration du thème du vedettariat, Julie Duguay a créé Mez’elles « live », une chorégraphie théâtrale et acrobatique drôle, époustouflante et remplie de surprises. Ce spectacle de danse contemporaine transporte les spectateurs dans l’univers démesuré d’une « superstar » pourchassée par les paparazzis. Julie fait également partie de la distribution de Mez’elles « live » comme interprète.

Artiste de l’année en littérature

Photo: Jocelyn Nadeau

Les noces de l’agneau est le deuxième roman de l’auteure Lison Beaulieu, qui a grandi à Edmundston et sur les rives du lac Caron. Petit-fils du roman du terroir, Les noces de l’agneau se veut une réflexion sur la filiation, la famille, la pudeur, la foi, la langue, le poids des paroles. Il évoque la digne identité madawaskayenne, ses relations avec le territoire et la nature. Publié aux Éditions Trois-Pistoles sous la direction littéraire de Victor-Lévy Beaulieu, le roman de Lison Beaulieu a été construit autour du poème La mort du loup d’Alfred de Vigny.

Photo: Rachelle Richard-Léger

Dans sa quatrième œuvre de fiction, Chambre 503, la poète et romancière Hélène Harbec nous fait vivre les derniers mois d’un homme malade que sa fille a choisi d’accompagner jusqu’à la mort. Un récit touchant sur le douloureux passage de la vie à la mort d’où émerge, de page en page, une véritable histoire d’amour entre un père et sa fille. À l’image du voyage qui transforme les voyageurs, cette traversée du temps et de l’espace laisse ses empreintes tant chez celui qui se meurt que chez celle qui le veille. Chambre 503 a remporté le prix Champlain 2010 et a été finaliste au Prix des lecteurs de Radio-Canada.

Poète, nouvelliste et essayiste, Geneviève Lévesque s’intéresse à l’image et à ses résonances sensorielles, d’où le surréalisme qui l’inspire en poésie ainsi que la profonde empreinte mythique de ses textes. Au printemps 2010, elle a fait paraître un second recueil de poésie, 2, aux Éditions Cornac. Comme point de départ de 2, la poète s’est inspirée de conversations philosophiques qu’elle a eues avec son conjoint. Les images surréalistes qu’elle utilisait dans son premier recueil sont mises à contribution dans 2 d’une manière inédite. Les critiques ont souligné l’architecture très forte qui soutient le texte, que l’auteur qualifie de « récit-poème ».

Artiste de l’année en musique

André Bourgeois fait partie de cette nouvelle génération de musiciens acadiens accomplis qui puisent dans la tradition du jazz pour mettre en valeur leur immense talent. En 2010, ce chef d’orchestre-compositeur-interprète, diplômé d’une maîtrise en interprétation jazz (saxophone) de l’Université McGill, nous a proposé un premier album, Eau de mai. Le disque révèle un jeune artiste en pleine évolution qui nous fait entrer dans un riche univers musical. Que ce soit par sa musique ou son enseignement dans les écoles, André Bourgeois cherche avant tout à promouvoir l’image d’une Acadie moderne, consciente de ses traditions, mais aussi ouverte sur la mosaïque culturelle mondiale contemporaine.

Photo: PhotoMalix

Avec le lancement de son premier album, Le complexe du gémeau, la pétillante Marie-Philippe Bergeron a réalisé un rêve qu’elle caressait depuis longtemps. Le complexe du gémeau fait voyager grâce à ses rythmes entraînants, ainsi qu’à ses textes étonnants empreints d’émotion et d’humour. Pour qualifier son style unique, l’artiste explique qu’elle fait de la « chanson française pop rétro modernisée ». Pour la réalisation de ce premier opus, l’auteure-compositrice-interprète s’est entourée d’une solide équipe, dont le réalisateur Éloi Painchaud. L’album lui a valu l’éloge de la critique et une nomination à la dernière édition des Prix de la musique de la côte est. Marie-Philippe Bergeron continue aussi de conquérir un public toujours plus vaste en offrant des prestations au Canada et en France.

Photo: Karine Wade Image

Sandra Le Couteur, celle que l’on a surnommée « la grande dame de la chanson acadienne », poursuit sur sa lancée et nous a offert en 2010 son deuxième album en carrière, Terre natale. Avec sa voix chargée d’émotion et de chaleur, Sandra Le Couteur y interprète des chansons qu’elle a soigneusement choisies. La chanson titre de l’album, Terre natale, un hymne à l’Acadie, a d’ailleurs été écrite par son fils, Valéry Robichaud. Avec ce grand cru, Sandra Le Couteur a encore une fois envoûté tant la critique que son public toujours grandissant. Outre les spectacles qu’elle présente dans la francophonie internationale, elle prépare une importante tournée en 2012.

Artiste de l’année en théâtre

Photo: Noémie Roy Lavoie

À la fois comédien, metteur en scène, pédagogue et auteur, Mathieu Chouinard cherche à développer un théâtre de création reposant d’abord sur l’expressivité corporelle des acteurs. Il est l’un des concepteurs du spectacle clownesque Mouving, qui met de l’avant un théâtre où l’image et le geste priment sur le mot et le texte. Dans ce spectacle, Mathieu a interprété Grüm, un impulsif compulsif à cravate muni de trois valises qui se dirige vers un lointain quelconque, pourvu qu’il soit lointain. À travers ce personnage de misanthrope attachant, qu’il a campé avec sensibilité et rigueur, Mathieu a exploré la grande fragilité qui se cache souvent sous le masque du mépris.

Photo: Daniel Auclair

Dans Les trois exils de Christian E., une pièce inspirée de sa vie qu’il a coécrite avec Philippe Soldevila, Christian Essiambre livre une performance remplie d’une énergie contagieuse et réglée au quart de tour. Sans artifice, la mise en scène de ce spectacle repose sur l’interprétation solo de Christian, qui incarne une multitude de personnages avec une aisance fascinante, dans un jeu d’une grande virtuosité. Les critiques ont souligné la grande maîtrise physique du comédien, capable de petits miracles à partir d’une simple chaise. Christian Essiambre a d’ailleurs remporté un prix d’interprétation de l’Association québécoise des critiques de théâtre.

Photo: Rodolphe Caron

S’épanouissant sur scène comme derrière la scène, la comédienne Marie-Pierre Valay-Nadeau dégage une force tranquille. Ce qu’elle aime particulièrement dans son travail d’interprète, c’est raconter des histoires, faire rêver les spectateurs. Fidèle à la démarche artistique qu’elle poursuit depuis plus d’une décennie, Marie-Pierre s’est investie pleinement dans la pièce Wolfe, d’Emma Haché, pour incarner avec une grande justesse Yvonne, l’épouse de Jackie Vautour. Grâce à un travail de recherche minutieux, Marie-Pierre a réussi à insuffler une grande profondeur à ce personnage complexe et d’une émouvante humanité.

Découverte de l’année

Réalisateur et scénariste émergent, Julien Cadieux compte déjà plusieurs réalisations cinématographiques à son actif. Son premier court métrage documentaire, Habiter la danse, produit par l’Office national du film, a remporté le prix La Vague pour la meilleure œuvre acadienne de court métrage au Festival international du cinéma francophone en Acadie 2009 (FICFA). Ce film a été retenu par les Rendez-vous du cinéma québécois, édition 2010. Son court métrage expérimental Poussière bleue a également été en lice pour un prix La Vague au FICFA 2009. Son court métrage Le Vieux Garçon a fait partie de la sélection officielle du Short Corner Festival de Cannes. Son film Récits d’Hyperinflation a été sélectionné par le Festival des films du monde de Montréal en 2011. Julien a été lauréat du prix Ubisoft pour son travail de scénarisation du jeu vidéo The Agitator.

Photo: Emmanuel Albert

Comédien de formation, musicien par plaisir, Gabriel Robichaud s’adonne à l’écriture depuis son tout jeune âge. En 2011, son premier recueil de poésie, La promenade des ignorés, a paru aux Éditions Perce-Neige. Sa pièce On a tous déjà péché a été lue au Festival à haute voix du théâtre l’Escaouette. Gabriel a d’ailleurs été le premier récipiendaire du prix Viola Léger, qui lui permettra de produire une version définitive de ce texte dramatique. Il a été le « poète flyé » de la 12e édition du Festival Frye. Sur scène, on a pu le voir dans la production 2010 du théâtre musical Louis Mailloux. À l’été 2011, il a été de la distribution du spectacle musical multimédia Page d’Amérique, dans lequel il interprétait avec brio huit personnages.

Photo: Emmanuel Albert

Depuis son éclatante victoire au Festival international de la chanson de Granby, Lisa LeBlanc a connu une ascension fulgurante sur la scène musicale francophone du pays. La chanteuse folk trash a donné plus d’une centaine de spectacles en Atlantique, au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, en Louisiane et au Sénégal. Elle a fait la première partie des spectacles de Radio Radio, Suroît, Offenbach, Éric Lapointe et Bernard Adamus, entre autres. Partout où la jeune chanteuse acadienne de Rosaireville passe, elle ne laisse personne indifférent. Lors de sa participation à « Vue sur la relève » à Montréal, une manifestation artistique visant à faire connaître de jeunes créateurs francophones, elle a raflé de nombreux prix, dont une vitrine aux Francofolies de Montréal. Lisa a eu le bonheur de participer à des ateliers de formation dirigés par Francis Cabrel lors des Rencontres d’Astaffort, en France.

Artiste s’étant le plus illustré.e à l’extérieur de l’Acadie

Photo: Christian Kit Goguen

Artiste aux multiples facettes, Christian Kit Goguen ne cesse de surprendre par sa grande polyvalence. En 2010, après sept ans au sein du collectif Ode à l’Acadie, l’auteur-compositeur-interprète et comédien Kit Goguen est devenu la voix principale du spectacle Corteo, du Cirque du Soleil. Pour l’artiste de Saint-Charles, cette aventure dépasse tous ses rêves les plus fous. Depuis qu’il s’est joint à cette troupe prestigieuse, Kit a sillonné les grandes villes d’Europe : Moscou, Bruxelles, Vienne, Madrid, Valence, Séville, Paris, Amsterdam. On estime que près d’un demi-million de spectateurs auront eu le bonheur d’entendre le talentueux chanteur acadien.

Depuis son éclatante victoire au Festival international de la chanson de Granby, Lisa LeBlanc suscite l’engouement du public tant sur la scène nationale qu’internationale. La jeune artiste de Rosaireville a présenté des vitrines dans les principaux marchés de la musique francophone du Canada et s’est produite à Vancouver lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010. Elle a représenté le Canada à Dakar, au Sénégal, dans le cadre d’une rencontre de la Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage. Elle est également montée sur scène au Festival international de la Louisiane à Lafayette et elle a participé aux Rencontres d’Astaffort, en France, 10 jours d’ateliers dirigés par Francis Cabrel.

Photo: Rachelle Richard-Léger

Quelle que soit la forme choisie, la voix poétique est toujours présente dans l’œuvre d’Hélène Harbec. Son récit Chambre 503, publié aux Éditions David d’Ottawa, ne fait pas exception. Avec ce livre, l’auteure a su toucher le public, la critique ainsi que plusieurs jurys de prix littéraires au pays. Chambre 503 a valu à Hélène Harbec d’être finaliste au Prix des lecteurs Radio-Canada et lauréate du prix Champlain 2010. Elle a été l’une des invités d’honneur du Salon du livre de Québec en 2011. L’auteure a également figuré parmi les trois finalistes au prix littéraire Émile-Ollivier. Tous ces honneurs témoignent largement de la qualité de son œuvre et de la reconnaissance qu’elle s’est attirée de la part du milieu littéraire de la francophonie canadienne.

Artiste de l’Acadie du Québec

Photo: Cyril Bussy

Dans le cadre des festivités du 250e anniversaire de la ville de Bonaventure, en Gaspésie, le Théâtre de la Petite Marée a eu l’idée d’offrir un spectacle enraciné dans la bouleversante histoire des Acadiens de cette région. Petite Rochelle est un conte imaginaire et historique écrit et interprété par Pierre-André Bujold, un artiste de la scène originaire de Saint-Siméon-de-Bonaventure. Pour créer ce spectacle, Pierre-André s’est inspiré de l’histoire de la Petite Rochelle, un village où s’étaient réfugiés des Acadiens fuyant la déportation et qui fut incendié par les troupes anglaises en 1760 lors de la bataille de la Ristigouche. Seul sur scène, Pierre-André Bujold nous raconte comment un jeune garçon découvre quelques traces de son identité parmi les souvenirs de son grand-père.

Photo: Hugo B. Lefort

Le nom de Philippe Soldevila est intimement associé au théâtre acadien depuis plus de 15 ans. Que ce soit comme metteur en scène, auteur, producteur, diffuseur ou professeur, Philippe Soldevila a collaboré avec le théâtre l’Escaouette, le Théâtre populaire d’Acadie, le Pays de la Sagouine et le Département d’art dramatique de l’Université de Moncton. Sa démarche artistique est guidée par sa fascination pour le métissage culturel et les problématiques identitaires. Ce grand amoureux de l’Acadie, qu’il considère comme une terre d’adoption, a fourni un apport considérable au rayonnement du théâtre acadien. Il a participé à plus d’une dizaine de créations en Acadie, toutes couronnées de succès. La dernière de ces créations est Les trois exils de Christian E., dont il a cosigné le texte en plus d’en assurer la mise en scène.

Photo: Jocelyne Gallant

Chanteuse, musicienne, conteuse et animatrice, Sylvie Gallant se produit sur scène depuis plus de 25 ans. Originaire de Saint-Alexis-de-Matapédia, une localité fondée en 1860 par des Acadiens de Rustico, à l’Île-du-Prince-Édouard, elle se décrit comme une Gaspésienne-Acadienne. Sylvie est bien connue des petits grâce à son attachant et dynamique personnage Gallantine, qui parcourt les écoles du Québec et du Nouveau-Brunswick. En 2010, elle a signé la chanson thème du 150e anniversaire de fondation de sa localité, un texte rendant hommage aux fondateurs acadiens. Toujours dans le cadre de ces festivités, elle a aussi collaboré activement à la création du méga spectacle ICI. Dans chacun de ses projets artistiques, Sylvie Gallant met en valeur son amour de la culture acadienne et la richesse de celle-ci.

Prix Hommage

Photo: Dolores Breau

Voilà maintenant plus de quatre décennies que Viola Léger, cette grande dame du théâtre, fait honneur à l’Acadie. Difficile de dissocier Viola Léger de la Sagouine, ce merveilleux personnage de femme de ménage au franc-parler qu’elle incarne avec rigueur et passion et qui a lancé sa prolifique carrière sur scène. Créée en Acadie en 1971, la pièce a depuis été jouée plus de 2 000 fois en français et en anglais au Canada et en Europe.
Mais Viola Léger n’est pas seulement la Sagouine… Au fil des années, la merveilleuse comédienne a donné vie à toute une série de personnages qui ont marqué l’imaginaire populaire. On l’a souvent retrouvée dans d’autres pièces d’Antonine Maillet : La joyeuse criée, La contrebandière, Le bourgeois gentleman et Évangéline Deusse. Elle a aussi tenu la vedette dans La visite des sauvages, Harold et Maude, House of Bernarda Alba, The Gin Game, Albertine en cinq temps et Grace et Gloria. Sa performance dans Grace et Gloria lui a permis de décrocher en 2001 le Masque de la meilleure actrice de l’année.
Viola Léger a aussi tenu des rôles dans des productions cinématographiques et télévisuelles. En 1985, elle a cofondé la Compagnie Viola Léger pour favoriser la production de pièces de dramaturges acadiens.
Diplômée en éducation et détentrice de plusieurs doctorats honorifiques, Viola Léger a mérité de nombreuses distinctions, dont chevalier de l’Ordre de la Pléiade, chevalier de l’Ordre français des arts et des lettres, officier de l’Ordre du Canada et récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique. Elle a reçu la médaille du Conseil de la vie française en Amérique et le Prix d’excellence dans le domaine des arts du gouvernement du Nouveau-Brunswick.
De 2001 à 2005, elle a siégé au Sénat du Canada. Pendant son mandat, elle a défendu plusieurs dossiers importants, dont celui des minorités linguistiques et la reconnaissance des artistes. Artiste énergique et dévouée, Viola Léger continue d’inspirer une nouvelle génération d’artistes par son enthousiasme, sa générosité et son grand talent.

Spectacle de l’année

Photo: Karine Wade Image

À la croisée des chemins entre la comédie clownesque, la commedia dell’arte, le théâtre d’objet et le mime, Mouving est un spectacle inventif qui a charmé un large public, tant au Nouveau-Brunswick qu’au Québec ou en Ontario. L’absence quasi totale de texte, le minimalisme des décors et des accessoires, la prédominance du jeu physique et la technique clownesque utilisée donnent à ce spectacle une facture très particulière. Cette coproduction de Houppz! Théâtre et de Satellite Théâtre a été décrite comme « 1 h 15 de pur plaisir pour toute la famille ». Le spectacle explore les thèmes de l’errance, du voyage et du déracinement dans un univers où l’imagination et le réel se fondent progressivement.

Photo: Nicola-Frank Vachon

Les trois exils de Christian E. est un spectacle solo écrit par Philippe Soldevila et Christian Essiambre. Sans artifice, la mise en scène repose sur le travail de l’interprète, Christian Essiambre, qui offre une performance époustouflante, réglée au quart de tour. Depuis sa création à l’automne 2010, la pièce a été présentée près d’une cinquantaine de fois dans plusieurs villes du Nouveau-Brunswick, du Québec et de l’Ontario, récoltant des critiques dithyrambiques sur son passage. Christian Essiambre a d’ailleurs remporté le prix Interprétation masculine-Québec de l’Association québécoise des critiques de théâtre pour son rôle d’un jeune Acadien pas ordinaire lancé à la conquête du monde. Le spectacle est une production du Théâtre Sortie de Secours et du théâtre l’Escaouette.

À Caraquet à l’été 2010 et 2011, la Compagnie Viola Léger a réuni une impressionnante brochette de concepteurs, comédiens, musiciens et artistes visuels, soutenus par une équipe de scène exceptionnelle, pour présenter le théâtre musical Louis Mailloux, un classique du répertoire acadien de Calixte Duguay et Jules Boudreau. Plus de 25 figurants de la communauté ont pris part à cette aventure théâtrale en participant à des scènes de groupe et à des chœurs qui accompagnaient les magnifiques chansons du spectacle. La qualité artistique de ce spectacle à grand déploiement a été saluée tant par le public que la critique. Le spectacle Louis Mailloux a été un rendez-vous mémorable un personnage emblématique de l’histoire acadienne.

Événement de l’année

En 2010, pour sa 30e saison, l’Été musical de l’Église historique de Barachois a présenté une riche programmation consacrée à la guitare classique. Sous le thème « La guitare dans tous ses états, de Séville à Buenos Aires », sept concerts ont été présentés, mettant en vedette une dizaine de musiciens professionnels parmi les plus réputés du Canada. Pour le plus grand bonheur des mélomanes, la petite église historique de Barachois a vibré au son, notamment, du Trio de guitares de Montréal, du Duo Piazzolla, des guitaristes virtuoses Daniel Bolshoy et Rémi Boucher, et de la soprano Marie-Josée Lord. La 30e saison de l’Été musical de l’Église historique de Barachois a proposé au public un véritable voyage où il a pu s’initier aux diverses sonorités de la guitare classique.

Depuis 13 ans, le Festival Frye nous en met plein la tête en accueillant des auteurs d’ici et d’ailleurs pour une grande célébration littéraire. Ce rendez-vous annuel, qui prône le pouvoir de l’imagination, attire un public de tout âge désireux de rencontrer ses auteurs préférés et friand de découvertes. Lors de sa 12e édition, le Festival Frye a collaboré avec de nombreux partenaires pour offrir une programmation de grande qualité regroupant une trentaine d’auteurs, dont la célèbre Margaret Atwood, deux lauréats du prestigieux prix Goncourt, soit Jean-Christophe Rufin, membre de l’Académie française, et Gilles Leroy, ainsi que plusieurs auteurs jeunesse de renom qui ont fait la joie des petits.

Dans le cadre du dernier Congrès mondial acadien, Productions Île Miscou et la chanteuse Sandra Le Couteur lançaient la première édition de Voir Miscou et mourir. Couronnée de succès, cette série de spectacles s’est poursuivie à l’été 2010 avec une programmation d’une vingtaine de spectacles mettant à l’honneur la chanson, la musique, la poésie, mais aussi le conte, la danse et la magie, dans ce lieu enchanteur à souhait qu’est le phare de Miscou. En plus de redonner vie au magnifique phare historique, Voir Miscou et mourir offre aux artistes invités une occasion privilégiée de diffuser leur travail. La série de spectacles est devenue un incontournable pendant la saison estivale dans ce coin de la Péninsule acadienne qui a été décrit comme « l’un des plus beaux endroits du monde ».

Soutien aux arts

La passion du père Maurice LeBlanc pour les arts remonte à sa plus tendre enfance à Pubnico-Ouest, en Nouvelle-Écosse, où il est né dans les années 20. Tout au long de sa vie, cet artiste multidisciplinaire et éducateur a fait sa marque autant en arts visuels qu’en théâtre et en musique. Parmi ses nombreuses réalisations, il a enseigné les lettres, l’histoire, le piano et l’histoire de l’art au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Comme peintre, il a présenté plusieurs expositions solos et de groupe. Il a aussi été directeur artistique et directeur du théâtre de ce qui était à l’époque le Collège de Bathurst, ainsi que responsable de la promotion culturelle à l’Université Sainte-Anne. Le père LeBlanc a dirigé de nombreuses chorales et fanfares.

Par et pour les jeunes : voilà une devise qui sied parfaitement à la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick. Mené habilement par une jeunesse piocheuse et énergique, cet organisme ne ménage aucun effort pour mettre en valeur le talent et la créativité de la relève. Pensons à des initiatives comme Accros de la chanson, Art sur roues, le répertoire Émergence et le magazine Kboom.ca. Non seulement toutes ces initiatives viennent appuyer les artistes de demain, mais également elles favorisent une prise de conscience collective de l’importance de vivre fièrement sa culture acadienne et française.

Capacadie.com, c’est l’endroit sur le Web où les Acadiens et les Acadiennes de l’Atlantique se reconnaissent. C’est un lieu d’information, d’animation, d’expression et de promotion. Grâce à sa plateforme vidéo CapTV, Capacadie.com procure une visibilité toute particulière aux organismes artistiques et culturels. En 2010-2011, CapTV a produit Studio 331, une série d’émissions Web mettant en valeur des artistes d’ici, ainsi qu’une multitude de reportages vidéo. CapTV offre aussi à plusieurs organismes la possibilité de créer leur propre canal pour diffuser et promouvoir leurs activités ou leurs productions artistiques.

Soutien à la production artistique

Photo: Marc Chouinard

Directeur du Théâtre Capitol de Moncton, Marc Chouinard est un promoteur chevronné des arts et de la culture en Atlantique. Grand passionné et bénévole infatigable, il s’investit sans compter pour l’épanouissement de la musique, des arts et de la culture acadienne, de même que pour la promotion de la francophonie. Véritable visionnaire, Marc Chouinard ne recule devant rien pour favoriser le rayonnement des talents d’ici. Au cours des 40 dernières années, il a mis son expérience au service de nombreux organismes culturels à titre de conseiller, de producteur, de consultant, de partenaire, de coordonnateur, etc. Il possède une impressionnante feuille de route. L’automne dernier, Marc a été décoré de l’Ordre du Canada pour sa contribution exceptionnelle au milieu culturel.

La Maison la bouche rouverte associée est un organisme dont l’une des raisons d’être est de rehausser la qualité de vie des Acadiens et des Acadiennes du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse par la promotion et le développement des arts et de la culture. Le Festival de la parole de la Baie Sainte-Marie est au nombre des activités organisées annuellement par la Maison la bouche rouverte associée. Depuis 2005, ce festival s’est taillé une renommée internationale dans le milieu du conte. Des conteurs et poètes de la Nouvelle-Écosse, d’ailleurs au Canada, de la Louisiane et de l’Europe y participent à des spectacles, à des visites scolaires et à des ateliers de formation pour faire rayonner l’art de l’oralité et de la parole.

L’association Le moulin de la Baie Sainte-Marie (communément appelée les Productions Le moulin) est un organisme sans but lucratif dont la mission est de présenter des spectacles variés de grand calibre, contribuant ainsi à la qualité de vie dans la région de Clare et du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Depuis sa création en 2005, cet organisme culturel, qui regroupe huit membres, a décidé de sortir des sentiers battus et de diffuser des spectacles musicaux sous le signe de la découverte et de l’originalité. Jazz, blues, bluegrass, musique traditionnelle, musique du monde, la programmation offerte par l’association Le moulin de la Baie Sainte-Marie constitue toujours une riche aventure musicale.

Meilleure couverture médiatique

Photo: Kate Braydon

Michael Landry est le rédacteur en chef de la section « arts et culture » du quotidien provincial Telegraph-Journal. Lorsqu’il a accepté ce poste en 2010, l’une de ses priorités était de mieux faire connaître le travail de la communauté artistique francophone à son lectorat majoritairement anglophone. Ardent francophile, fier de ses racines acadiennes, Michael Landry a signé, dans le cahier culturel Salon et la section culturelle du journal, de nombreux portraits d’artistes acadiens tels que Claude Roussel, Herménégilde Chiasson, Monique Poirier, Michèle Losier et Georges Goguen, pour n’en nommer que quelques-uns. Michael s’est aussi fait un devoir de promouvoir diverses activités culturelles acadiennes dans les pages du journal.

Photo: Francine Dion

David Lonergan est Québécois de naissance et Acadien d’adoption. Grand communicateur, il est depuis 1994 l’auteur d’une chronique hebdomadaire de critique consacrée à la production culturelle acadienne dans le quotidien L’Acadie nouvelle. En février 2011, il a signé son millième texte paru dans sa chronique Tintamarre, ce qui constitue un précédent dans l’histoire du journalisme en Acadie. Le regard que pose Lonergan sur les œuvres et les événements, malgré sa fonction de critique, est toujours empreint de respect et de sensibilité. Plutôt que de juger en fonction de critères absolus, il aime décortiquer, analyser, pour bien comprendre les œuvres ou la démarche de l’artiste.

CapTV, la plateforme vidéo de CapAcadie.com, a réussi à se tailler une place de choix auprès des internautes. Véritable carrefour, elle constitue pour les artistes et les organismes culturels un formidable outil d’information et de promotion. En plus de diffuser des vidéos d’artistes et d’activités culturelles d’ici, CapTV propose des reportages sur l’actualité culturelle et permet à plus d’une vingtaine d’organismes artistiques d’avoir un canal personnalisé pour promouvoir leurs activités. Depuis l’automne 2010, CapTV produit, en partenariat avec CFBO-FM, l’émission Studio 331, qui met en valeur des artistes de la scène musicale acadienne.

 

 


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Jeu devant la caméra
Jeu devant la caméra

Dans le cadre de son programme de formation, l'AAAPNB propose l'atelier Jeu devant la caméra avec le réalisateur Jim Donovan.

Quand: vendredi 17 novembre de 9h à 17h
Lieu: Salle Bernard-LeBlanc - Centre culturel ...

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